Les Canaries - Le Cap Vert
Notre route dans l'archipel des Canaries :

Notre route dans l'archipel du Cap Vert :


Drapeau National du Cap Vert
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Nous sommes partis le 21 octobre ; la traversée de 970 miles a duré 6,5 jours entre Las Palmas et Ilha do Sal, Cap Vert. Le vent de Nord nord-est de force 5 à 6 nous a propulsé vers les îles à bonne allure, dans une mer très agitée venant de l'arrière accompagnée d'une courte houle de Nord. Les premiers jours, nous parcourons 190 miles par jour avec la grand-voile arisée 1 ou 2 ris et le foc roulé en partie, selon les humeurs du vent. Nous avons pêché une bonite portion qui a terminé ses jours en papillote, et perdu de nombreux leurres, le nylon cassé net, poisson trop gros ???. Après trois jours de navigation, nous sommes presque vent arrière, le foc en déventant, fait un méchant tour autour de la drisse de spi restée amarrée sur le balcon avant. Résultat : un noeud solide et la voile qui présente des poches gonflées par le vent arrière de 25 à 30 noeuds. Le foc a commencé à se déchirer le long de la chute puis ce sont les laizes qui lâchent.
Essayant de remonter au vent pour tenter d'affaler le foc, la voile claquant si fort fait trembler tout le gréement de façon bien inquiétante. Il valait mieux ne pas insister. Nous avons navigué sous grand voile seule et notre moyenne s'en est ressentie. Nous avons attendu une accalmie qui s'est présentée deux jours plus tard. On affale le foc en essayant de ne pas aggraver son état, puis on a envoyé le génois léger sur l'étai largable et nous sommes repartis à 8/9 noeuds.
De nombreux dauphins sont venus jouer avec Patago, quelle merveille de les voir jusqu'à venir frôler l'étrave de la queue. Nous avons croisé aussi une tortue dormant en surface. Au matin du 28 octobre nous apercevons l'île de Sal, située la plus à l'est de l'archipel. Cette île offre un paysage volcanique et désert. Sur la côte ouest, le village de Palmeira est très coloré, beaucoup de maisons sont en construction.
Maison du village de Palmeira
A Sal se trouve l'aéroport international ainsi qu'un bureau d'immigration où nous ferons notre entrée dans le territoire capverdien. Les transports collectifs sont des voitures à plateau ouvert à l'arrière (comme des pick-up) où sont fixés deux bancs de bois ou de métal. On les appelle les "aluguer" (qui veut dire "à louer" en portugais). Beaucoup de voiliers au mouillage dont de nombreux bateaux ventouse (en rénovation!!) La population de l'île est très gentille et arbore facilement le sourire au moindre "Bom dia". La langue officielle est le portugais, mais entre eux, les capverdiens parlent le "criolou". A Palmeira, pas besoin de "gardien d'annexe", les enfants ne jouent pas avec les dinghies restés à terre. Le vol n'est pas de mise dans cette île. La monnaie locale est l'escudo capverdien (1 € = 110 escudos CV) Le mouillage étant très venteux, nous allons jeter l'ancre dans la baie voisine "Mordeira" à 5 miles au sud. Elle se révèle très venteuse aussi mais l'ancre tient bien. La pêche au fusil est délicate car le vent lève de petites vagues qui troublent l'eau. Le capitaine tenace, ramènera tout de même quelques poissons.
A 25 miles au sud de Sal se trouve l'île de Boa Vista, dont la position géographique sur notre carte est décalée de 2 miles à l'ouest. Aussi appelée le "Petit Sahara Capverdien", cette île de forme ronde très peu habitée, présente une succession de dunes de sable blanc et de rochers noirs hérissés. Le mouillage se trouve sur le versant ouest face au village Sal Rei. La présence de 5 éoliennes près du village donne une indication de forts vents réguliers ! De plus le vent venant de l'île, transporte du sable ocre jaune qui vient recouvrir le pont du bateau et tous les cordages. Pourtant l'eau semble claire et la présence de langoustes a été confirmée par un voilier déjà au mouillage. Nos pêcheurs s'équiperont plusieurs jours de suite à la recherche du tapis de langoustes tant désiré. Ils ne le trouveront pas. Devant tant de dépit, nous levons l'ancre pour nous diriger vers Sao Nicolau, où parait-il le mouillage est calme.
Mouillés devant le village de Tarrafal à Sao Nicolau ; effectivement le mouillage est abrité, seulement quelques fois de fortes rafales de Nord-est s'engouffrent entre les ravins tous proches et descendent secouer les voiliers à l'ancre mais le fond est de bonne tenue. Du bateau, nous pouvons voir de belles falaises rouges très arides descendant vers la mer. Le village concentré est en pleine expansion, de nombreuses maisons sont en cours de construction, quelques arbres rabougris sont disséminés parmi les maisons. En hauteur du village au pied des falaises, on aperçoit de curieuses constructions de pierre formant un cercle d'1,50 m environ. On nous expliquera que ce sont des parcs à cochons. Beaucoup de maison n'ont pas l'eau courante, et ce sont les fillettes et les femmes qui vont s'approvisionner au puits du village, en transportant de gros seaux de 50 L pour les femmes et 20 L pour les fillettes. Ce panneau préconise d'y faire attention !! De nombreuses échoppes offrant les produits de base et quelques bars animent le village, nous trouverons même un local avec un ordinateur offrant une liaison internet. Sur une place, on trouve les recharges de camping gaz (il ne faut pas être regardant sur l'état des bouteilles qui sont repeintes) et le matin, il y a un marché de fruits et de légumes.
Nous visiterons la partie ouest
de l'île vers Ribeira da Prata. La route longe un paysage de plus en plus
verdoyant où paissent de nombreuses vaches et des chèvres. Nous arriverons
au village haut en couleur Praia Branca, et on est surpris de voir le
chauffeur de l'aluguer descendre de sa voiture pour ouvrir une barrière
fermant la route. Il nous explique que cela empêche les animaux d'entrer
dans le village, apparemment il est plus rapide de clôturer le village que
de cerner les champs ! Nous poursuivons la route qui prend de
plus en plus l'allure d'un sentier jusqu'au village en bout de chemin Ribeira da
Ce séjour d'une vingtaine de jours dans les îles du Cap Vert nous a beaucoup plu et nous avons pu apprécié ces trois îles différentes. Il y a un livre que nous avons lu et qui reflète bien toute l'ambiance du Cap Vert. C'est "Cap Vert" de Jean-Yves Loude. A conseiller à tous ceux qui veulent s'y rendre. |