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Le 29 mai, au matin, je
suis la première à apercevoir la terre. Ce sera en fait l'un des deux
points culminants de l'île Hawaii qui sont Mauna Kea et Mauna Loa. Ce
sommet apparaît de façon très furtive car vite, les nuages le recouvriront.
Dans la nuit du 29 au 30 mai, nous longeons sans les voir les îles de Maui
et Molokai. Loin devant, au dessus de Oahu, nous verrons un immense halo
lumineux qui se situe au dessus de la ville de Honolulu.
Nous assistons à un magnifique
lever de soleil juste comme nous arrivons près de l'île d'Oahu sur
laquelle se trouve Honolulu. Nous sommes très heureux de retrouver enfin
la terre après 45 jours de navigation pendant lesquels nous aurons connu
des conditions de mer et de vent variables.

En longeant la côte Sud : le cratère de Diamond Head et la ville de
Honolulu

Plage de Waikiki
Oiseau dans un parc environnant
Nous entrons dans la marina Ala Wai qui se situe en pleine ville, au pied
des hôtels prestigieux qui bordent la plage renommée de Waikiki. Notre
premier arrêt sera pour la station-service pour faire le plein de gas-oil
; sur notre réserve de 550 l de gas-oil , nous en avons consommé 520
litres pour nous dégager des zones de calme pendant les 3 premières
semaines de la traversée du Costa Rica à Hawaii. Puis nous prenons une place au
ponton pour quelques jours. Nous retrouvons des amis allemands qui étaient
avec nous au Costa Rica. Chose surprenante pour les USA, l'eau de la
marina est très sale, il n'y a pas de courant pour évacuer les poubelles
qui surnagent. Nous paierons pour un bateau de 50 pieds environ 8 dollars
US par jour pour le bateau et 2$ par personne par jour pour vivre à bord.
Il y a une caution de 50$ pour obtenir la carte magnétique des sanitaires.
A notre arrivée le vendredi
30 mai après-midi, nous effectuons les diverses formalités administratives
: les douanes, l'immigration, le département de l'agriculture (pour les
produits frais, oeufs , laitages, terre des pots de plante et diverses
choses qui peuvent se trouver à bord et contaminer les îles) et la
quarantaine pour la chatte. En fait : nous nous rendrons au bureau des
douanes le lundi suivant (car c'est fermé le week-end) pour les formalités
d'entrée du bateau; deux officiers de l'immigration viennent sur le ponton
tamponner nos passeports et nous donnent 6 mois renouvelables ; la chatte
partira avec le représentant de la quarantaine en "prison" au chenil pendant la durée de notre séjour (le
représentant nous précise que nous pouvons récupérer notre "greffier" 3
jours avant la date du départ prévue des eaux de Hawaii) et nous
apporterons nous-même nos derniers légumes frais et nos poubelles au bureau de
l'agriculture (après 45 jours de mer, il nous restait un oignon et une
gousse d'ail !).
 Les
animaux à bord des bateaux sont systématiquement mis en quarantaine dés
leur arrivée sur le territoire hawaiien et ce pour une durée de 120 jours
(ou pour la durée du séjour si celui-ci est inférieur à 120 jours) Bien
sûr, l'"hôtel" n'est pas gratuit. Cela coûte pour un chat : 35$ de frais
d'admission puis 7,50$ par jour. Pour la période complète de quarantaine
cela fait : 935$. Plus de 1080$ pour un chien. Nous avions entendu
plusieurs échos similaires de la part d'américains qui m'ont affolés : les
animaux étaient maltraités et mal nourris, beaucoup mourraient par manque
de soins. Un peu inquiets, nous sommes allés voir les conditions de vie
dans le chenil de quarantaine . La zone de quarantaine est immense
puisqu'elle peut accueillir jusqu'à 1200 animaux. Il y en avait 700 quand
Chiclette s'y trouvait. On imagine les aboiements et miaulements produits
par 700 animaux !

En fait, le personnel est
très attentif, les cages quoique petites sont très propres. Nous sommes
arrivés sans prévenir, et nous avons trouvé la cage de notre chatte très
propre (litière nickel, et gamelle d'eau et de croquettes pleines à ras
bord !) Il se peut que certains animaux très attachés à leur maître ne
supportent pas la séparation et se laissent dépérir. Quatre mois, cela
fait long ! Nous avons vu de gros chiens enfermés dans les cages de
dimensions standards, cela fait un peu court comme espace ! Il y a
cependant une grande campagne pour réduire le temps de quarantaine. Et
quand nous étions à Honolulu, les lois changeaient : si l'animal possède
une puce électronique appelée "microchip", et si on peut présenter une
analyse (datée de plus de 3 mois et de moins de 12 mois) du sang de
l'animal qui prouve un certain niveau d'anticorps contre la rage, la
période de quarantaine est réduite à un mois. Cette analyse s'appelle :
OIE-FAVN en anglais. Je pense que cette analyse sera de plus en plus
sollicitée et des amis arrivés aux îles Gambier, Polynésie Française se
sont vus réclamer cette analyse pour leur chien. Ne l'ayant pas, leur
animal fut consigné à bord pendant 120 jours !
Voilà pour les informations
qui peuvent intéresser ceux qui naviguent avec des animaux et qui se
rendent à Hawaii ! Une adresse pour avoir le dossier complet : Departement
of Agriculture ; Division of Animal Industry ; Animal Quarantine Branch ;
99-951 Halawa Valley Street Aiea, Hawaii 96701-5602 USA
A Honolulu, il y a un
excellent service de bus de ville. Pour 1,50$, vous pouvez même faire le
tour de l'île complet. Il suffit de demander le ticket de "transfert" et
celui-ci est utilisable pendant 2h30 sur n'importe quelle ligne de bus. Nous
avons donc visité les plages du Nord de l'île. Et notamment la plage Ehukai aussi appelée Pipeline Beach, à cause de ses rouleaux immenses
formant des tubes dans lesquels les surfeurs se glissent. Lors de notre
visite, il n'y avait pas de houle de Nord aussi la mer était calme et les
rouleaux petits. C'est surtout l'hiver que les vagues sont énormes.

La plage Ehukai
Le centre de l'île est
consacré à la culture de l'ananas (délicieux et peu cher : 1$ l'ananas de
2kg)) de marque "Dole",bien connue. Nous avons longé la côte est de l'île
qui présente beaucoup de similitude avec Mooréa en Polynésie Française :
la montagne puis la bande de terre sur laquelle on trouve la route et les
habitations, puis la plage avec ses cocotiers et enfin le lagon, le récif
et la pleine mer au loin. Tout cela avec de magnifiques couleurs vert et
turquoise.
Nous avons trouvé qu'il y
avait beaucoup de sans abri qui vivent dans les parcs de la ville. La
température clémente leur rend la vie peut-être plus facile. Dans le lagon
de Keehi, il y a quelques bateaux-ventouse qui sont habités par des
hawaiiens sans revenus. Ils sont tolérés au mouillage car ils sont
hawaiiens.
En ville, nous avons assisté à une représentation de danses hawaiiennes.
Pas du tout le même charme que les danses tahitiennes qui sont beaucoup
plus "langoureuses" ! Le "hula" est composé de beaucoup de mouvements de
bras et de pieds.
Aprés notre séjour à
la marina d'Ala
Wai , nous sommes allés dans le lagon de Keehi situé à 2 miles à l'est.
La proximité de l'aéroport donne une mauvaise réputation à cette zone de
mouillage, qui n'en est pas une puisqu'il nous est interdit de mouiller
notre ancre. Nous devrons nous amarrer à une bouée de la ville. En passant
au bureau du port, l'officier nous dispensera de l'inspection obligatoire
du bateau pour avoir le droit d'être dans le Keehi Lagon ! car nous ne
sommes là que pour quelques jours. Les prix pratiqués sont les mêmes qu'à
la marina Ala Wai. Nous profiterons de l'eau de mer encore chaude
pour nettoyer la coque du Patago qui présente un véritable élevage de
coquillages, d'anatifes et de mousse. Jean-François effectuera de nombreux
travaux prévus sur la longue liste qui n'a jamais l'air de se raccourcir !
Cette courte escale d'une
semaine fut intense en travaux et nous avons passé notre temps à courir
les divers fournisseurs que ce soit pour le matériel du bateau ou
simplement l'approvisionnement en légumes et fruits pour le bateau. Le
Keehi lagon est assez loin du centre ville et les supermarchés n'offrent
que des produits frais conservés dans les frigos glacés. Aussi les légumes
et fruits dépérissent à vue d'oeil quand par la suite ils sont conservés à
l'air libre. Nous sommes allés dans un quartier appelé "Chinatown" où on
trouve tout ce qu'on veut à des prix plus raisonnables et de meilleure
qualité.
Après 5 jours de chenil,
nous récupérons notre chatte qui manifeste son contentement de revenir à
bord d'un ronronnement puissant, se précipite sur sa gamelle et file sur
notre couchette pour entamer une sieste réparatrice.

Bouée du chenal d'accés à Keehi Harbor avec des rouleaux de chaque côté.
Le 07 juin , nous
larguons l'amarre de la bouée pour entamer le voyage vers l'Alaska. Dans
la passe de Keehi Harbor cela déferle des deux côtés sur les récifs. Il y
a deux jet ski qui s'amusent à surfer dans les rouleaux. Impressionnants !
Le vent de Sud nous déhale,
le ciel est beau, la mer est belle, allons-y. |