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De superbes couleurs au lever et coucher du soleil pendant la
traversée
Le 22 mars, nous quittons
Panama. Les voiles sont hissées et nous partons à belle allure vers notre
prochaine escale : le Costa Rica. Notre route nous fait passer entre les
îles Taboga et Tabogilla situées dans le Golf de Panama.
Vient s'accrocher à notre ligne un maquereau
espagnol (scomberomorus maculatus) qui ressemble à nos
maquereaux français mais beaucoup plus gros et parsemé de taches dorées. Notre livre sur les poissons nous donne sa chair
pour excellente ce qui sera confirmé au moment de le déguster.
Nous avons choisi de longer la côte entre Panama et Costa Rica, ce qui nous fait prendre la même route
que les cargos. Les veilles de nuit et de jour seront assidues et justifiées par
la présence permanente de ces mastodontes. Le courant est très fort et
contraire pour rejoindre la Pointe Mala. Quelques fois, la surface de la mer
est parcourue de courts frissonnements : c'est un tout petit clapot très serré
qui est créé par le courant et le vent contraires, cela fait un étrange
bruit d'eau bouillonnante par calme plat.
Sur tout le trajet nous
n'aurons que très peu de vent. Des orages remplis d'éclairs et des pannes
de vent nous obligeant à faire route au moteur : ce sera notre quotidien
pendant les quatre jours et demi de traversée. Lorsque nous avons du vent il est
portant, ce qui nous permet d'envoyer notre spi et de nous entraîner à son
maniement.

De véritables "hordes" de dauphins nous donnent de superbes spectacles de sauts.
Enfin le 27 mars, nous
arrivons dans la baie de Puntarenas. Du coté de la ville, nous chercherons
un endroit pour mouiller l'ancre et nous ne verrons des voiliers qu'une
fois contourné et longé l'interminable presqu'île (5 miles nautiques de
long) sur laquelle est posée la ville de Puntarenas. Les voiliers
costaricains et étrangers sont au
Yate Club. Nous nous amarrons à deux bouées avant et arrière. Nous sommes
accueillis par l'équipage d'un bateau français qui nous invitera à les
rejoindre à un barbecue organisé au yate club. Soirée agréable nous
permettant de rencontrer nos voisins de mouillage. Nous retrouvons avec
plaisir des
amis installés à terre depuis quelques années maintenant.

Le ponton de carburant et le livre d'or du Yate Club
Tout ce que l'on peut dire
sur Puntarenas, c'est que cela n'est pas un haut lieu de la plaisance.
Loin de là. Le Yate Club est complètement à la sortie de la ville, nous
prenons le bus pour aller au centre ville : les premiers abords nous rappellent
Colon par ses quartiers délabrés et ses habitations faites de bric et de
broc. Seul le centre de la ville est mieux organisé avec ses nombreuses
boutiques dans des bâtiments en dur et son marché, ses banques et la
Poste. On trouve quelques supermarchés bien achalandés en produits de
base, mais c'est au marché qu'on trouve tous les légumes et fruits frais.
L'activité principale est la pêche.

La ville de Puntarenas

Bateaux de pêche dans le golf de Nicoya
Nous sommes surpris par les
tarifs élevés du Yate Club (en rapport aux prix pratiqués pour le niveau de vie
moyen) aussi après avoir rempli nos réservoirs d'eau et de gasoil, nous y
restons peu de temps et préférons aller dans les îles côté ouest du golfe Nicoya,
.

Ilots dans le Golfe Nicoya
Nous
irons à l'île San Lucas située à 3 miles à l'ouest de Puntarenas. La saison sèche va bientôt se terminer et la saison des
pluies n'a pas commencé. Aussi la végétation est très sèche, les arbres
semblent pelés. Sur cette île, il y a une ancienne maison qui a été
transformée au début du siècle en prison ; maintenant, complètement
abandonnées aux intempéries, la maison et l'île ne sont habitées que par deux gardiens. Une partie de
l'île recèle des vestiges archéologiques indiens, nous diront-ils !
Le soir, nous entendons d'horribles
cris
et grognements venant de la forêt, nous apprenons que ces bruits sont
faits par de petits singes appelés "monocongos"
pour défendre leur territoire. Petits mais impressionnants !!! Lors de
notre promenade sur l'île San Luca, on trouvera "un arbre de fer"
gigantesque. Nous avions déjà rencontré ce genre
d'arbre au Sénégal, lors de notre précédent voyage.
Cet arbre a une écorce recouverte de très
grosses épines très pointues. Le bois de cet
arbre est réputé très dur comme du fer, d'où
son nom. On a trouvé aussi un arbre à
calebasses (photo). J'en ramasserai quelques
unes pour faire des pots dans le bateau.

Arbre à calebasses
La chaleur est accablante
au Costa Rica. Nous atteindrons 40° dans le
bateau
au mouillage. Nous nous levons à l'aurore, et profitons que le soleil est
bas pour faire tous les travaux du bateau puis vers 10 heures du matin,
c'est trop chaud !!! On attend patiemment 16 à 17 heures pour
reprendre nos activités physiques. Même la Chiclette ne sait pas comment
se mettre pour se rafraîchir !!!
Nous mouillons notre ancre entre Cedros et Jesusita, petits îlots au sud
de San Lucas. Nous y resterons quelques jours car une grosse dépression
venue du Mexique souffle très fort sur la baie. Les autorités ont même
repoussé la date de départ de voiliers voulant quitter le Costa Rica. De
fortes rafales nous secouent dans tous les sens. Heureusement, le fond de
sable noir et de vase tient très bien.
Puis nous irons mouiller
dans la Baie Ballena située à l'entrée Ouest du Golfe de Nicoya. Un couple
d'allemands nous a dit qu'il y avait de l'eau claire. Jusqu'à présent,
dans tout le golfe, l'eau est marron et pleine d'alluvions et de
poubelles. Nous aimerions mettre en route le dessalinisateur que
Jean-François a réparé à Colon, mais faute de trouver de l'eau de mer
propre nous n'avions pu le tester (ni à Colon, ni à Panama). Nous trouvons
sur la plage du nord de la baie du sable de taille satisfaisante pour
mélanger à la peinture du pont du Patago. Nous peindrons le soir entre 16
heures et 17 heures après le gros de la chaleur.
Tous les jours, deux fois par jour, les habitants du village de Tambor
vont en barque au milieu de la baie pour
pêcher à la ligne des petits poissons argentés. J'en prendrai quelques uns
depuis le bateau. Situé au fond de la Baie de Ballena, le village de Tambor est une "station balnéaire" et
propose des logements pour les vacances. Le village est très fleuri.
Jean-François profitera de
l'eau claire pour bien nettoyer la coque du Patago qui s'est déjà
recouverte de coquillages (bien peu efficace la peinture antisalissure
appliquée en décembre dernier).
Nos amis terriens nous feront visiter leur maison et ses environs. Ils
nous donneront un plein panier de fruits en prévision de la prochaine
traversée, et nous ferons notre marché en produits frais dans leur
village. Les légumes et les fruits se conserveront très bien. Le régime de
bananes plantain trouvera sa place sous le portique. Les fruits sont
stockés à l'avant dans un panier, et les légumes vont dans un équipet
spécialement ventilé. On n'ira pas jusqu'à embarquer une vache mais je les
ai trouvé mignonne. Avec leur bosse sur le garrot et leurs oreilles
immenses, elles tiennent plus du
zébu brésilien que de nos vaches noires et blanches françaises.
Nous nous inquiétons des
formalités de départ auprès des administrations diverses. Autant l'entrée
dans le pays fut très facile et gratuite, (les représentants de
l'immigration, quarantaine, et port sont venus tous en même temps au
Yate Club ; les papiers ont été remplis en 10 minutes ; nous sommes allés
à 15 Kms au bureau des Douanes faire notre déclaration), autant pour
sortir du pays ce fut la galère avec achat de timbres de la "croix rouge"
et "fiscaux" pour coller sur les divers formulaires. Nous sommes le
11 avril, bien sûr : jour férié au Costa Rica. Bon qu'à cela ne tienne :
on fera notre sortie demain. Ah mais non, on a encore tout faux ! On
attaque la semaine sainte et ici on ne rigole pas avec ça, tout est fermé
pendant une semaine (y compris les bureaux des autorités, à part quelques
tours de garde, mais cela n'est pas sur!) repassez dans une semaine !!!!
Dans notre désespoir, le samedi 12 au matin, on arrive :
1- à voir un
fonctionnaire de passage par hasard à son bureau de l'immigration qui nous
tamponne nos passeports et nos timbres de la "croix rouge",
2-nous sommes
passés à la banque pour payer une taxe au bénéfice des garde-côtes
costaricains de 20 dollars.
3- le lundi 14 à 8 heures nous prenons le bus (les
mêmes 15 Kms) pour se rendre au bureau de la douane, afin d'obtenir un
"zarpe" (le bon de sortie que nous devons présenter dans le prochain pays)
mais le personnel est restreint en cette période festive. Nous
patienterons donc 3 heures pour obtenir un feuillet disant que nous
pouvons sortir légalement le bateau du pays.
4- Puis dans un autre bureau, en échange des deux
timbres fiscaux et d'une taxe de 20 dollars (car c'est férié), nous
obtenons d'un jeune gardien du bureau du port notre feuille de sortie.
Retour en bus au bateau où nous nous consolons
devant une bière fraîche. ZEN !
Bref, s'armer
de patience et de diplomatie pour tout ce qui touche les administrations,
telle est notre devise !!!!
Enfin, le mardi 15 avril, nous remontons l'ancre et quittons les
eaux costaricaines pour attaquer la grande traversée du Pacifique en
direction de Hawaï. Les vivres sont rangées, l'annexe amarrée sur le pont, les tauds
de soleil et des voiles sont pliés, on peut y aller. |