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 Pendant
notre séjour à San Francisco, nous retrouvons avec plaisir John et Dolorès
Crowley qui nous avaient si bien accueilli l'an passé à notre arrivée à
Cordova, en Alaska. Ils vivent dans un village à 50 miles au nord de San Francisco.
Nous partirons avec John faire la visite de plusieurs vignobles dans la
vallée Sonoma, parallèle à la vallée Napa. Nous gouttons du très bon vin
rouge et différents champagnes qui valent tout à fait ceux que l'on trouve
en France. La côte exposée à l'Océan Pacifique est très aride, mais dés
que l'on pénètre dans les terres, on retrouve les forêts de grands pins et
les vallées verdoyantes au fond desquelles coule une rivière. Il y a
beaucoup de ranch avec des élevages de chevaux et de moutons, et des
vignobles à perte de vue.

On poursuit notre découverte de la ville de San Francisco avec la visite
de Chinatown, dont la rue centrale est bordée de boutiques de souvenirs.
Mais dés que l'on s'engage dans les rues transversales, on trouve
toutes sortes de boutiques : pharmacies pleines de paniers remplis de
feuilles et racines de toutes sortes ; restaurants, poissonneries et
boucheries se côtoient. On y mangera un plat vraiment très conséquent de
riz poulet en sauce accompagné d'une large portion de légumes cuits, pour
2 $US. On accède au quartier dans sa partie sud par une grande porte façon
chinoise. Et dés son pas franchi on pénètre dans un autre monde.
Nous parcourons de long en large les quartiers qui surplombent le front de
mer. Ils sont très réputés par le degré d'inclinaison des chaussées qui y
mènent. Lombard Street serpente en lacets très serrés, entourés de jardinières de fleurs. Elle est en sens unique et accessible
en
descente seulement. La vue sur la baie et sur Alcatraz (très célèbre) est
magnifique, dés que le soleil chasse le brouillard épais qui peut
s'installer dans la baie en quelques heures. Nous ferons de grandes
promenades ainsi que nos amis du cata Apollo et nos amis finlandais du
Kristiina. Les retrouvailles le soir dans le cockpit de l'un des trois
bateaux, permettent d'échanger nos impressions, et les adresses des lieux
à ne pas
manquer...

Nous rendons visite aussi au front de mer aménagé vraiment pour le
tourisme, avec des boutiques de souvenirs installées dans les anciens
bâtiments à brique rouge. Il y a énormément de bateaux de promenade en mer et
dans la baie, ils sont complets des les premières heures du jour. Et la
grande attraction, c'est le Pier 39. Destinés à l'origine à
l'établissement d'une marina, les pontons ont été très rapidement envahis
par une colonie de phoques qui ont trouvé l'endroit impeccable. En pleine
saison, près de 900 phoques se bagarrent a grands renforts de cris et de
grognements atroces pour obtenir les meilleures places. On vous laisse
imaginer l'odeur dégagée par ces délicieuses petites bêtes... Tous les
jours, un bateau-pompe passent afin de nettoyer les pontons.
Nous traversons
à pied les 4 Kms du Pont du Golden Gate, par
une journée de grand vent mais un soleil radieux (il vaut mieux). La
dimension des câbles qui relient les deux tours est vraiment
impressionnante et tous les câbles vibrent avec le vent... Et toujours
l'occasion de se réunir pour boire un verre... Ici c'est dans le cockpit
de Kristiina en compagnie de Harald et Verena, qui naviguent sur leur bateau Miss
Sophie.
 
Dans l'est de la baie, à Oakland, dans le Jardin Jack London, nous allons
boire une bière dans le célèbre bar tout en planches : le bar de La
Première et dernière chance. Ce tout petit bistrot fut fréquenté et rendu
célèbre par Jack London qui a utilisé les tables pour écrire ses romans
(l'Appel de la Forêt ; Croc Blanc et Le Cabaret de la Dernière Chance). Le plancher du bar a une furieuse
tendance à s'effondrer et le bar est fortement incliné. La décoration
intérieure est démentielle avec de très vieilles photos, des têtes
d'animaux empaillés, des cartes de visite punaisées jusqu'au plafond à
moitié brûlées par la chaleur du poêle qui avec la pendule murale sont
d'époque. On y a ressenti une ambiance
particulièrement agréable.


Fin octobre arrive à grands pas, il nous faut songer à poursuivre la route
vers le sud. La saison cyclonique dans la région au large du Mexique prend
fin en novembre. Nous quittons la baie mythique en compagnie de Kristiina.
On longe l'île Alcatraz de plus près et route vers San Diego. La traversée
jusqu'a San Diego sera pour une grande part effectuée au moteur, peu de
vent le long de la cote, il aurait peut-être fallu aller plus au large
pour toucher des vents réguliers. Nous pêchons un gros maquereau, cela
nous change du saumon. Le halo de la ville de San Diego s'aperçoit de très
loin en mer. En arrivant à midi dans le chenal d'accès, on se retrouve
entoure de bateaux en pleine régate. On se prend au jeu et pour les 2
miles restants à parcourir, on renvoie les voiles. Face à des bateaux très
"pointus" on n'a pas eu la première place...
La ville de San Diego a plusieurs zones de mouillages très réglementes.
Il faut passer au bureau de la police du port afin qu'elle attribue une
place au voilier. Tous les mouillages ont une durée limitée allant de
trois jours à trois mois. Le mouillage où l'on peut rester trois mois est
perpétuellement complet. Nous irons donc pour trois jours à Glorietta Bay
près de l'île Coronado. Nous allons visiter l'Hôtel Coronado rendu très
célèbre par les films qui y furent tournés avec des acteurs comme Marilyn
Monroe. Somptueux intérieur, moquettes épaisses, tableaux d'art, boiseries
au vernis brillant et cristaux scintillants des éclairages. Le centre
ville de San Diego est en pleine expansion ; il y a encore cinq ans, il
n'était occupé que par les clochards, et l'insécurité y était très forte.
Maintenant, de grandes sociétés s'installent. Nous sommes invités à passer
deux jours au Yacht Club de Chula Vista, au sud de la baie. Nous
remercions au passage Don et Patty pour leur accueil chaleureux.
Nous nous apprêtons à quitter San Diego pour rejoindre en ligne directe
Panama, et le 10 novembre, nous passons les bouées de sortie du chenal.
Direction : Panama City.
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